plus à dire ?

VINCENT !

J’imagine…

Il est tard…dans ce bar

Je croise ton regard

Tu perçois ma folie,

Je te comprends aussi,

J’ai senti qui tu es.

Je te rejoins tu sais,

Dans tes rêves éternels

D’artistes fraternels. 

Il n’y a pas d’âmes rivales

On se parle, on s’emballe.

En moi aussi ce besoin d’admirer,

Émulation, créer…

Ce partage nous tient,

Nous invente des liens,

Appelle au dépassement

Pour plus de jours ardents.   

J’imagine…

Solitude essentielle

Toi, pour peindre tes ciels

Gestes puissants dans l’huile

Toi pourtant si fragile,

Différent dans ce temps

Où vendre est important.

Tu ne gères pas tes sous,

Je comprends, je m’en fous.  

On peut faire autrement

Être autrement vivant.

Et puis créer, je pense,

Chacun de son silence,

Toi, ta danse de pinceaux,

Moi, toute fondue de mots.

Et tu les aimes aussi

Vincent, tu en écris !      

J’imagine…

Ton chevalet calé

Le châssis bien posé

Tu regardes sans hâte

Puis tu lances ta pâte

Sur une toile affolée

Je ris à tes côtés.   

Quand tes soleils brulants

Viennent taper dans mon sang,

Ma vie chante en écho

Car c’est totalement beau.

Comme une musique sans fin

Se transforme et revient

Traverse le piano

Pour entrer dans les mots :

Je le dis…

C’est l’amour absolu

Rien d’autre n’existe plus,

Ce n’est pas qu’un moment

Créatif cet instant :

Nous revoilà dedans

Ce qui n’existait pas

Et j’y suis avec toi.  

Faire l’amour, en envol,

Au-dessus des tournesols.

Mais…

Les cris de tes corbeaux

Sont tellement inquiétants !

Violence de couleur…

Dans les moindres lueurs

S’éclabousse ton talent.

Mais garde encore du temps !

J’ai peur quand tu es ivre

Que tu cesses de vivre.

Regarde sur ma table,

Carafe de verre épais,

Tu la connais je sais

Puisqu’elle était chez toi.

Hé bien oui, je m’égare,

Un siècle nous sépare.

J’aurais aimé t’aimer.

Surement, j’aurais crié.

Je t’aurais crié de vivre.

Vincent !

DÉFI

J’ai pas du tout envie

De protéger ma vie,

Déjà bien garantie

De polices impolies,

Et me méfier sans cesse

De la moindre tristesse.

Je veux dire comme je sens,

Pour vivre comme j’écris.

Je veux être devant

Ce que raison me dit.

Croire l’imagination,

Recevoir l’intuition,

Oser être à l’écoute.

Payer les prix qu’il coûte

De grandir par le cœur,

Même si parfois j’en pleure.

Et bousculer, joyeuse,

Les habitudes frileuses

Qui nous glacent doucement

Et nous cassent l’élan.

Il n’est nul que je chasse :

J’ai trouvé trop de place

Par tous ceux qui choisissent

L’étroitesse, et se plissent

Pour entrer dans  les moules

De l’insensible foule.

La peur nous dit : “ merci “

Et puis nous rétrécit,

À force de nous forcer

À l’immobilité,

Nous susurre d’espérer

Que rien ne va changer.

Je refuse de sauter,

Comme en terrain miné

Par-dessus les sujets.

Et servir mon budget,

Mesurer mes amis,

Réserver mes avis.

J’ai besoin d’éclater,

Ouvrir, prendre, donner.

 

J’fais mon craquage de peau

Comme écorce de bouleau.

Et perméable alors,

Je me change d’abord.

Me guette sans faveur.

J’utilise mes erreurs

Pour savoir mes faiblesses,

Que la vie me bouleverse !

Oui, tout à coup j’avance

Sur les rives du silence

Et je crois aux légendes.

Si la Vie le demande,

Faut la boire à pleine bouche,

Qu’elle soit amère ou douce.

Au milieu de la nuit,

Voilà : je fais le bruit

Des êtres qui s’éveillent,

Qui rient et s’émerveillent,

Qui s’agitent de l’âme.

 

Quand le cerf crie, je brame...

 

 

 

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